Chronique en 3 actes: Que savez-vous du Clown?


Le Clown… personnage loufoque qui fait rire, qui fait pleurer, qui fait peur… Qui est-il? D’où vient-il? Remontons dans le temps, avec cette chronique en 3 actes : histoire du Clown, pourquoi en avons-nous peur, et vos témoignages.

Étymologiquement, le mot “clown” pourrait être d’origine latine “colonus”, le colon, qui se prononce “couloun” en occitan, et cela désignerait des colons romains légionnaires “retraités” à qui on attribuait des terres dans les provinces dont la Narbonnaise. Ces “coulouns” en tenue en lambeaux paraissaient étranges aux yeux de la population locale, et étaient donc bien souvent moqués. Avec le temps, le mot a désigné des paysans un peu attardés, rustres, puis est passé à la langue anglaise.

C’est donc au 16ème siècle qu’on entend pour la première fois le mot clown, d’origine anglaise, il désignait un homme rustique, un balourd. Très rapidement, le mot est passé dans le champ lexical du théâtre pour désigner un bouffon campagnard. L’ancêtre du personnage du clown, pourrait d’ailleurs être le bouffon du roi, dont le rôle était de faire rire la cour en faisant des pitreries et pouvant se permettre l’insolence pour exagérer de manière drôle les défauts des gouvernants.

Les premiers clowns de cirque apparaissent assez récemment, au 18ème siècle, toujours en Angleterre, dans des cirques équestres. Les directeurs d’alors ont voulu apporter de la diversité dans leurs spectacles, et surtout, de l’humour. Ils ont engagé des garçons de ferme qui ne savaient pas monter à cheval, pour mieux mettre en avant les prouesses des véritables cavaliers sur scène. Ces “clowns” avaient surtout un rôle de benêt, avec leur tenue de paysan, et essayaient de suivre le mouvement des numéros des cavaliers, tout en les caricaturant pour faire rire.

Le clown a ensuite évolué pour être de moins en moins comique. Il a porté des tenues un peu plus classes, avec des tissus nobles.

Vers 1870, les clowns se diversifient en plusieurs rôles différents, tout d’abord le clown blanc, sérieux, est le maître de la piste. Puis est venu le clown que nous connaissons tous, perruque et nez rouge, des vêtements burlesques, c’est l’Auguste, impertinent, peu avare de bouffonneries, il cherche à déstabiliser le clown blanc sur scène. Par la suite, un clown “contre-pitre” arrive, c’est lui-même l’Auguste de l’Auguste, son second, un clown gaffeur qui ne comprend rien à rien, très tête en l’air, et déclenche les rires à chaque apparition.

Enfin, le clown triste et mélancolique connu sous le nom de Pierrot est à l’origine un personnage pantomime de la “Commedia Dell’Arte” à partir du 17ème siècle, amoureux de Colombine qui elle préfère Arlequin. Et c’est bien des années plus tard que Pierrot rejoint le cirque pour faire rire même quand son cœur est gros.

Au 20ème siècle, le clown se modernise avec des comédiens comme Raymond Devos et Coluche, qui gardent l’esprit du clown dans leurs mimiques, mais qui n’hésitent pas à faire une satire de la société à travers leur personnage.

Clown sérieux, clown drôle, clown triste, ce personnage peut aussi paraître effrayant et tétaniser de peur de nombreuses personnes. La phobie du clown se nomme d’ailleurs : la coulrophobie.

De par son déguisement, sa gestuelle, le clown cherche à attirer la confiance et la sympathie, surtout des enfants. Il peut donc utiliser cet aspect innocent pour tromper ses victimes. Lon Chaney, (un célèbre acteur du cinéma muet américain du début du 20ème siècle et premier clown maléfique du cinéma), a dit “un clown sous la lune n’a rien de drôle”. Si la présence d’un clown dans un cirque, dans une fête, est normale et amusante, un clown seul dans la nuit devient facilement effrayant. C’est dans la première adaptation sur grand écran de “L’Homme qui rit” de Victor Hugo, que Lon Chaney, a marqué l’imaginaire de plusieurs générations à travers son clown maléfique.

Mais c’est avec une terrible affaire du début des années 1970 aux USA, que prit l’ampleur de la peur du clown. John Wayne Gacy, travaillait en tant que clown dans des fêtes d’anniversaire, il nommait son personnage Pogo le clown. C’était un homme à la psychologie très perturbée qui a subit énormément de traumatismes dans son enfance et a commis alors de nombreuses atrocités. Entre 1972 et 1976, il a tué 33 jeunes hommes, juste après les avoir menottés, torturés, et violés. Accusé aussi d’actes de nécrophilie avec ses victimes, il sera condamné à mort et exécuté en 1994. John Gacy détient le triste record, inscrit dans le Guiness Book, de la plus lourde sentence reçue pour un tueur en série, soit 21 condamnations à perpétuité et 12 condamnations à mort.

Plusieurs scénaristes ont été inspirés de la vie de cet homme, comme Andrés Muschietti qui a réalisé les films d’horreur “Ca” en 2017 et son « Chapitre 2 » en 2019, adaptés du roman de Stephen King.

Dans d’autres faits d’actualités, notamment en 2014 et 2016, plusieurs personnes se sont grimées en clowns maléfiques pour Halloween et se baladaient dans les rues avec des armes pour faire peur aux passants et les intimider, provoquant parfois une panique générale, et malheureusement plusieurs accidents.

Un autre clown très connu dans la culture populaire n’est autre que le Joker, ennemi juré de Batman. Personnage très intelligent, le Joker est un psychopathe sadique, avec un sens de l’humour acéré, et est représenté comme étant l’exact opposé du héros de Gotham City dans son comportement et sa psychologie.

Nous pourrions citer des dizaines d’exemples de clowns qui font peur, de clowns tueurs, dans des films, séries et œuvres littéraires…

Mais nous nous posons une question importante que nous sommes allés vous poser dans la rue… et vous ? avez-vous peur des clowns ?

L’équipe Radio Caravane.

Sources: Wikipédia 1 2, National Geographic, The Conversation, Psycho-Quoique épisode 9

Musiques utilisées: « Cartoon Battle » – Kevin MacLeod, « Con Nombre De Tango » – Daniel Bautista, « Horror Music » – Audionautix, « Iving – Loki » – Adveniat Hiems, « Vals Esperanza » – Daniel Bautista

Bruitages: La Sonothèque.org

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